Ferdinand Hodler, mort il y a cent ans, n’a été d’abord qu’un peintre helvétique et besogneux. Jusqu’au jour où il a rencontré Valentine Godé-Darel, son modèle, puis la mère de son enfant, puis de nouveau son modèle, mais alitée parce que mourante. A travers plusieurs centaines de toiles et de dessins, Hodler a rendu compte chaque jour de l’avancement de la maladie sur le visage de sa bien-aimée. Un tour de force jamais égalé dans l’histoire de l’art. Guillaume Apollinaire a salué en lui « l’un des plus grands peintres de cette époque ». Avant Giacometti et Tinguely, Hodler est le symbole d’un art d’abord intime puis planétaire.

Zoé, 2018

Limmatverlag, 2019, Wenn die Nacht in Stücke fällt

 

Daniel de Roulet explore avec une acuité discrète leur relation passionnelle. Il nous fait comprendre la démarche unique (qui peut sembler à certains incongrue ou étrange) d’un Hodler acharné au chevet de Valentine à raconter, dessins et toiles, «la force d’un amour qui sait sa finitude ». La longue lettre qu’il écrit ici au peintre est intuitive, délicatement perspicace. Il faut dire que son compagnonnage avec lui ne date pas d’hier. Son premier roman, A nous deux Ferdinand (Canevas, 1991) mêlait déjà la vie de Hodler à la sienne. Visages et paysages. L’amour, la mort. Les reflets du Léman. Le Monde, Xavier Houssin


II y a une forte radioactivité dans l’écriture de Daniel de Roulet, gorgée de la douleur à instillation très lente d’un homme ravagé par le deuil. Mais en même temps, un élan de vie parcourt toujours ses lignes, influx nerveux promettant d’aller de l’avant. Tant de densité en si peu de pages : voilà une littérature énergétique aussi singulière qu’indispensable. Marine Landrot, Télérama


Daniel de Roulet adresse [à Ferdinand Hodler] une lettre qui est à la fois un parcours biographique, un exercice d’admiration et une réflexion sur la réception de son œuvre. (…) L’auteur privilégie la fragilité et l’énergie de l’homme et conclut en le situant dans l’histoire de l’art. Isabelle Rüf, Le Temps